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Faut-il privatiser Aéroports de Paris ?


En 2018, le gouvernement d'Edouard Philippe présente la Loi relative à la croissance et la transformation des entreprises (PACTE), dans le but selon lui, "d’innover, se transformer, grandir et créer des emplois". La loi est est définitivement adoptée par l'Assemblée Nationale le 11 avril 2019.

L'une des mesures les plus emblématiques et contestée du projet de loi, est la cession des participations d'Aéroports de Paris (groupe ADP). L'article 44 de la loi PACTE limite à 70 ans la licence d'exploitation des aéroports parisiens et définit les modalités de fixation de l'indemnité que recevra ADP, ouvrant ainsi la voie à une cession des parts de l'état.

Les groupes politiques LREM et MoDem soutiennent largement la privatisation de ADP. Les groupes politiques PCF, LFI, PS et FN, s'y opposent largement. Le groupe LR s'y oppose partiellement (source).

Selon le ministre de l'Economie et des Finances, la privatisation de ADP "peut permettre le développement de cet aéroport dans les meilleures conditions" (source) et elle "va servir à désendetter le pays" (source).

Selon les députés qui s'y opposent,  ADP ne doit pas être privatisé puisque c'est une "une société à la rentabilité croissante", ADP est "un monopole de fait sur le trafic aérien de passagers", et que c'est aussi une "porte d’entrée est également une frontière extérieure de l’Union européenne".

En conséquence, une proposition de référendum d'initiative partagée est lancée en 2019 et vise "à affirmer le caractère de service public national de l’exploitation des aérodromes de Paris". Le recueil des signatures est mis en œuvre pendant neuf mois, du 13 juin 2019 au 12 mars 2020. Les initiateurs de la démarche doivent réunir 4 717 396 signatures pour initier un examen parlementaire ou à défaut un référendum. Au 8 janvier 2020, 1 057 000 soutiens ont été enregistrés sur le site internet du ministère de l’intérieur dédié à cette procédure (source).

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La privatisation serait une erreur pour l'état puisque ADP est un enjeu stratégique. C'est dans les aéroports de Paris que la France contrôle ses frontières, et la circulation de millions de passagers. De plus, ADP est une entreprise rentable, en croissance, et sa vente serait une mauvaise opération financière pour l'état. Finalement, les mauvais précédents (aéroport de Toulouse, autoroutes, ...) ne laissent rien présager de bon.

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L'état et les aéroports de Paris ont un intérêt mutuel dans la privatisation. Celle ci permettra à l'état d’assainir ses finances, et aux aéroports de recevoir plus d'investissements pour leur développement pour répondre à la croissance anticipée du trafic aérien. Et contrairement à ce qu'avancent les opposants, l'état conservera le contrôle stratégique des aéroports.