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Les SDF : coupables ou victimes?


Accueillis par les hospices, les asiles d'aliéné, les bureaux de bienfaisance, les oeuvre privées ou les hôpitaux avant qu'ils ne deviennent des lieux médicalisés, l'image des vagabonds et mendiants oscille entre les initiatives d'aides et la pénalisation de ceux, qu'aujourd'hui, nous appelons SDF.

Le 2 juin 1878, la société philanthropique l'Œuvre de l'hospitalité de nuit ouvrait le premier asile de nuit à Marseille. Le 1er février 1954, l'appel de l'Abbé Pierre était prononcé et malgré le temps passé, des échos, des résonances vibrent encore aujourd'hui. Jusqu'en 1994, le Code Pénal sanctionnait le vagabondage et la mendicité est en tant que délit (Anciens articles 269, 270, 274, 275 et 276 du Code Pénal). Dont, les arrêtés "anti-mendicité" en sont une reviviscence. Plus récemment, en juillet 2017, le Président de la République déclarait : "Je ne veux plus de femmes et d'hommes dans les rues d'ici la fin de l'année", engagement qui n'a pas été tenu.

Je vous pose le questionnement (toujours actuel) du 18ème siècle (évidemment contextualisés avec les enjeux propres à notre époque) :

Est-ce que la société doit résorber cette "armée du crime"? Autrement dit, faut-il contrôler, réprimer et voir incarcérer cette majorité de SDF qui dorment à la rue par choix, ces paresseux, ces oisifs imprévoyants touchés de vices, ces fraudeurs et consommateurs de stupéfiants?

Ou, est-ce la société doit aider ces SDF touchés par une paupérisation généralisée et les aléas économiques et sociaux? Autrement dit, faut-il remettre le pied à l'étrier de ces bacheliers et jeunes, ces salariés échoués pour lesquels le marché de l'emploi n'a pas eu de place ou à ces ouvriers et commerçants qui ont trébuché?

Pour finir, j'apporte ce sujet parce qu'à mes yeux, entre le contrôle des ressources, le mécénat, les ateliers d'adaptation à la vie active en hébergement d'insertion ou un ministère qui évoque le logement d'abord, les dispositions et solutions apportées ainsi que le positionnement des personnes aidantes sont tintés du regard sociétal porté sur les SDF (aide/pénal).

Pour faire court : SDF, coupables ou victimes?

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Les SDF ne sont pas coupables puisqu'être SDF n'est pas un crime. Mais chaque individu, notamment les SDF, est le premier responsable de sa situation. La société ne peut-être la première responsable du sort de chacun, sans quoi ce serait une société déresponsabilisante.

Bien entendu il ne faut pas généraliser. Chaque individu a une histoire différente et même si dans la majorité des individus sont responsables de leur situation, il se peut bien par ailleurs que certains soient victimes de beaucoup de malchance. Cependant cela ne contredit pas la tendance générale.

Toute personne ayant perdu son emploi ou ayant été victime de maltraitance durant son enfance ne devient pas SDF. Ces facteurs ne suffisent pas à faire d'une personne un SDF.