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Julian Assange

Julian Assange est un danger pour nos démocraties


Ses défenseurs le présentent souvent comme un journaliste, un lanceur d'alerte voire même un héros de l'information. Pourtant, tout au long de son parcours, Julian Assange a davantage, tant sur le plan personnel que politique, conduit des objectifs qui n'ont rien à voir avec la simple volonté d'informer. Complaisance avec le régime russe, déballage d'informations personnelles, complicité avec certains groupes politiques, diffusion de thèses conspirationnistes, ... les exemples ne manquent pas. Tout cela ne renforce pas la démocratie, elle la fragilise.

Complicité avec les ennemis de la démocratie et de l'occident

Complicité avec le régime russe

Julian Assange a à plusieurs occasions agit dans l'intérêt du régime russe, en contradiction avec sa prétendue impartialité et volonté de transparence totale.

Selon des informations obtenues par le journal Foreign Policy, Assange a obtenu 68 Go de données provenant du ministère de l'intérieur russe en 2016, mais a refusé de les publier. Assange a prétendu que ces données avaient déjà été publiées, mais les données déjà publiées ne représentaient qu'une petite partie des données disponibles.

WikiLeaks a même pris la défense du pouvoir russe en attaquant le "Consortium international de journalistes" lors de la publication des "Panama Papers" dans lesquels Poutine était impliqué. WikiLeaks a prétendu que "L’attaque contre Poutine a été écrite par l’OCCRP, un organisme qui cible la Russie et les anciennes républiques soviétiques et qui est financé par l’USAID et George Soros".

Interférence politique et complicité avec l'équipe de Trump

Dès le début de la campagne pour l'élection présidentielle américaine, Julian Assange prend parti en publiant un article à charge contre Hillary Clinton : "J'ai des années d'expérience dans le suivi d'Hillary Clinton et j'ai lu des milliers de ses courriels. Hillary manque de jugement et poussera les États-Unis dans des guerres stupides et sans fin, qui propageront le terrorisme".

Par la suite, pendant la campagne, WikiLeaks obtient des milliers d'emails privés de la convention nationale du parti démocratique (DNC) et les publient en deux temps. Le 22 juillet 2016, puis opportunément le 6 novembre 2016, la veille de l'élection présidentielle.

Plusieurs entreprises privées de sécurité informatique, les services de renseignement américains concluront que ces emails avaient été récupérés via les services de renseignement russes (GRU), puis livrés à WikiLeaks derrière le pseudonyme "Guccifer 2.0". En 2018, le rapport Mueller sur les interférences de la Russie pendant la campagne présidentielle américaine, confirme que le GRU est responsable du vol des emails privés du DNC, et détaille ses échanges avec WikiLeaks. Dans ce même rapport, deux messages explicites de WikiLeaks prouvent une fois de plus la volonté délibéré de WikiLeaks de nuire à la campagne de Clinton :

if you have anything hillary related we want it in the next tweo [sic] days prefable [sic] because the DNC is approaching and she will solidify bernie supporters behind her after.

we think trump has only a 25% chance of winning against hillary . . . so conflict between bernie and hillary is interesting.

On apprendra aussi plus tard que Assange a directement échangé avec le fils ainé de Donald Trump sur twitter. Dans ces messages, Julian Assange demande plusieurs fois à Donald Trump Jr. de diffuser des pages de WikiLeaks, ce que Trump et son fils ainé feront à plusieurs occasions.

The Intercept, a également obtenu une conversation privée de Assange sur twitter. Dans cette conversation, WikiLeaks dit préférer une victoire du parti républicain, et écrit des messages anti-sémites et sexistes. Ce t-shirt vendu par WikiLeaks sur lequel il demande ce qui est le pire entre Bill Clinton à la maison ou en train de "baiser des bimbos", illustre l'obsession anti-Clinton de WikiLeaks.

En France aussi, WikiLeaks interfère dans la campagne présidentielle de 2017. Le 5 mai, deux jours avant le vote du second tour, les emails de la campagne d'Emmanuel Macron sont partagés sur le forum 4chan et par des comptes pro-Trump sur twitter, puis relayé par WikiLeaks.

Alimentation de thèses complotistes

Durant la campagne présidentielle américaine, Julian Assange a sciemment alimenté des thèses conspirationnistes pour nuire au parti démocratie. Dans une interview dans l'émission Néerlandaise, Assange insinue que Seth Rich est peut-être la source des emails du DNC, et qu'il pourrait avoir été tué pour cela. Pour alimenter encore davantage cette thèse, WikiLeaks a promis $20,000 pour toute information sur le tueur de Seth Rich. Cette thèse sera aussi partagée par le conspirationniste Alex Jones de Infowars, et des personnalités favorables à Trump comme Newt Gingrich, Rush Limbaugh et Sean Hannity.

Cependant, il n'a jamais été démontré ni que Seth Rich était la source de WikiLeaks et la justice n'a trouvé aucun lien entre son meurtre et la fuite des emails et en 2017, la famille de Seth Rich a dénoncé l'utilisation politique et conspirationniste de son meurtre.

Ce n'est pas la seule thèse conspirationniste que WikiLeaks a alimenté, puisque 3 jours avant l'élection présidentielle, WikiLeaks publiait un tweet suggérant que le chef de campagne de Hillary Clinton s'adonnait à des rites sataniques. Ou encore la fois où WikiLeaks a relayé une théorie conspirationniste du forum pro-Trump reddit.com/r/The_Donald selon laquelle Clinton aurait soutenu une kidnappeuse d'enfants en Haiti.

Même concernant les affaires étrangères, et suite à l'attaque chimique de Khan Cheikhoun, attribuée selon de nombreux pays et des organisations internationales des droits de l'homme au régime de Bachar el-Assad, WikiLeaks a partagé une vidéo prétendant qu'il s'agissait en faute d'une attaque sous faux drapeau, en réalité menée par des islamistes, et exploitée par les médias occidentaux pour mener la guerre en Syrie.

Un parti pris qui nuit à la démocratie occidentale et aide les ceux qui la menace

La libre information est essentielle en démocratie, mais la transparence et liberté de l'information partiale d'Assange, est manifestement une arme des groupes politiques et des régimes autoritaires qui veulent fragiliser les démocraties occidentales. Sa complicité avec le régime russe et l'équipe de Trump, les publications qui en résultent, et l'alimentation de théories complotistes, servent davantage les intérêts du régime russe et des républicains pro-Trump que des démocraties occidentales. C'est une naïveté coupable et complice de prétendre que cette transparence est bénéfique à la démocratie, quand elle est à géométrie variable et orientée pour servir justement les intérêts d'entités autoritaires, pas transparentes et ennemis de la démocratie libérale occidentale.

Assange a fuit la justice suédoise

En 2010, Assange est accusé en Suède par deux femmes pour "sexe par surprise". Dans un cas il aurait délibérément poursuivi le rapport sexuel malgré la déchirure du préservatif et dans l'autre cas il aurait refusé de le mettre. Suite à quoi la justice suédoise ouvre une enquête. Au cours de cette enquête, elle demande à interroger Assange. mais faute de s'être présenté, elle réclame son arrestation pour l'interroger. Il est arrêté au Royaume-Uni, est libéré sous caution, puis se réfugie à l'ambassade d'Equateur, refusant définitivement de se présenter à la justice suédoise.

L'affirmation des défenseurs d'Assange selon laquelle cette enquête judicaire servirait à extrader Assange vers les Etats-Unis est sans fondement. Une enquête ou même une condamnation pour "viol" ne contribuerait en rien à une extradition aux Etats-Unis, et Assange a quitté la Suède pour se rendre au Royaume-Uni, allié notoire des Etats-Unis. La Suède est par ailleurs l'un des pays du monde ou la liberté de la presse est la plus protégée, raison pour laquelle il s'était initialement rendu de lui même en suède sur invitation du parti démocrate suédois.

Absence de professionnalisme journalistique

Wikileaks a plusieurs fois démontré son manque de professionnalisme et son absence totale de considération pour la vie privée et la sécurité des individus. En 2011, Wikileaks publie délibérement l'intégralité des câbles diplomatiques obtenus sans expurger les données potentiellement dangereuses, notamment les noms de tous les individus mentionnés dans ces cables, les exposant à des risques. Plusieurs grands journaux (The Guardian, le New York Times, Der Spiegel, El Pais et Le Monde) ont déploré cette décision.

Entre autres conséquences, des journalistes éthiopiens ont dû fuir leur pays, des intellectuels ou défenseurs des droits de l'homme ont été mis en cause en Chine et des organisations de défense des droits de l'homme ont par ailleurs demandé à WikiLeaks de retirer les noms de civils afghans menacés par les talibans.

En 2016 encore, WikiLeaks publie les numéros de carte de crédit, numéro de sécurité sociale, numéro de passports, adresses emails, adresses postales, et numéros de téléphone de simples donateurs du parti démocrate.

Conclusion

Si Julian Assange n'était qu'un acteur de la liberté de l'information, il n'aurait pas agit activement et délibérément dans l'intérêt du régime russe et du parti de Trump, aurait eu une volonté de transparence impartiale, se serait comporté en journaliste responsable, et n'aurait pas alimenté des thèses conspirationnistes. Pour toutes ces raisons, Julian Assange est davantage un danger pour nos démocraties qu'un héros de la transparence.