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Comment réagir face à l'inflation ?

Des mesures sociales pour répondre à l'inflation


En juin l'inflation a atteint 5.8% et porte un coup au pouvoir d'achat de tous les français, en particulier des plus pauvres pour leurs dépenses essentielles. Pourtant peu de mesures sont mises en place pour y répondre, alors qu'au même moment, les grandes sociétés accumulent des profits exceptionnels. Pour faire face à l'inflation, il faut des mesures sociales comme le blocage des prix, l'augmentation des salaires, une garantie d'autonomie... Tout ceci pouvant être financé par une taxe exceptionnelle sur les profits des grandes sociétés.

Le principal responsable est la spéculation

Certes c'est dans le contexte de la guerre en Ukraine que l'inflation est arrivée. Mais la Russie n'a pas diminué ses livraisons de pétrole et de gaz. Selon le Centre for research on energy and clean Air (CREA), un centre de recherche indépendant basé en Finlande, la France a même augmenté ses importations de gaz depuis la Russie. L'offre est toujours là, et pourtant les prix ont beaucoup augmenté. Et pour cause, c'est la spéculation qui est la cause principale de cette inflation. En augmentant les prix, les fournisseurs augmentent leur marge.

Même chose pour les prix des produits alimentaires, puisque nous consommons encore les stocks de blés de l'année dernière, ce qui n'a pas empêché le prix du blé de déjà s'envoler. Les organisations de défense des consommateurs, Foodwatch et CCFD-Terre Solidaire, ont a ce sujet publié un communiqué pour dénoncer la spéculation sur les denrées alimentaires. Elles nous apprennent notamment que "Deux grands fonds d'investissement agricoles ont déjà investi près de 1,2 milliard de dollars en 2022, ce qui est six fois plus que sur toute l'année 2021.".

Michel-Edouard Leclerc lui-même, qu'on ne peut pas pas accuser d'être un anticapitaliste, demande à ce qu'une commission d'enquête soit ouverte sur les origines de l'inflation, précisant que l'Ukraine n'explique pas toutes les hausses de prix.

Des français plus pauvres et des multinationales plus riches

Conséquence directe de cette spéculation, les multinationales font d'énormes profits. Total a ainsi réalisé 9 milliards d'euros de bénéfice au premier trimestre 2022 et la rémunération de son PDG a été augmenté de 52%. La société CMA-CGM, a quant à elle multiplié par plus de dix fois ses bénéfices sur l'année 2021.

Comble de l'hypocrisie, les dirigeants de EDF, Engie et Total ont appelé les Français à consommer moins d'énergie, sans eux même faire d'effort.

Pendant ce temps, douze millions de Français sont en précarité énergétique, et 10 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté.

Pourtant le gouvernement actuel fait bien trop peu pour résoudre cette situation. Tout au plus un chèque alimentaire de 100 euros, et un rabais de 15 centimes par litre de carburant, financé par le contribuable pendant que Total accumule les profits. Bercy rejette même l'idée d'une taxe exceptionnelle sur les entreprises qui profitent pourtant de la situation.

Des mesures sociales nécessaires

Pour répondre à l'inflation, il y a plusieurs solutions.

Tout d'abord, bloquer les prix pour empêcher la spéculation sur les prix de l'énergies et des produits alimentaires. C'est une mesure qui a déjà été appliquée par décret par le Premier ministre Michel Rocard, pour encadrer les prix des carburants lors de la première guerre du Golfe en 1991.

Ensuite, il faut que les salaires suivent l'inflation. Ainsi il faut augmenter le SMIC à 1500 € pour que le travail permette de vivre dignement malgré l'inflation, et augmenter revaloriser de 10% le point d'indice des fonctionnaires.

Et finalement, créer une garantie d'autonomie pour ne laisser personne sous le seuil de pauvreté.

Financement

Toutes ces mesures peuvent être financées par une taxe exceptionnelle de 25% sur les profits des sociétés pétrolières/gazières, les sociétés de transport maritime et les concessionnaires d'autoroute, puisque comme nous l'avons vu précédemment, ces sociétés profitent de la crise et il n'y a pas de raison qu'elles ne contribuent pas pour permettre aux français de vivre dignement.