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A condition d'accepter l'existance d'une crise écologique en cours, lequel, entre développement durable ou décroissance, offre les meilleures perspectives pour la planète et l'humanité ?


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La croissance verte et le développement durable n'existent pas


Dans un but de continuité de la croissance, certains prétendent qu'il suffit de passer d'un développement non durable à un développement durable. Hors ce développement durable est impossible puisqu'il se confronte à des limites fondamentales, comme la consommation toujours plus grande des ressources, l'inefficacité de ce modèle durable depuis 50 ans, l'effet de rebond ou encore le coût inefficace des énergies renouvelables.

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La croissance infinie est impossible

La croissance se fonde sur une exploitation illimitée des ressources, alors que nous vivons sur une planète dont les ressources sont limitées. C'est inévitable, plus de croissance implique plus de consommation et plus de pollution.

Pour le pétrole par exemple, le pic pétrolier mondial est situé entre 2019 et 2040 selon les économistes et les gouvernements. Un rapport de BP Energie estime que pic pourrait avoir déjà eu lieu en 2019. Un autre rapport, de la compagnie norvégienne DNV GL, estime que le pic pourrait se produire au début des années 2020. Quant à l'Agence Internationale de l'Energie, elle estimait en 2010 qu'un pic pétrolier était probable avant 2030.

Plusieurs autres estimations sont compilées et sourcées dans cet article de Jancovici.

Concernant le gaz, un rapport de l'administration australienne donne un pic autour de 2050.

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D'autres estimations du pic gazier sont compilées et sourcées dans cet article de Jancovici.

Finalement, plus il y a de croissance, plus il y a d'émissions de CO², donc une dégradation de nos conditions de vie sur terre, comme l'a démontré la la revue Nature Climate Change.

Les émissions de CO2 augmentent en moyenne de 0,73% à chaque hausse de 1% du produit intérieur brut (PIB) par habitant, écrit Richard York dans la revue. Mais ces émissions ne baissent que de 0,43% à chaque recul de 1% du PIB par habitant, ajoute-il, en se basant sur des données de la Banque mondiale portant sur 150 pays entre 1960 et 2008.

Source.

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Le développement durable n'existe pas

Le développement durable est supposé répondre à la crise écologique en créant un équilibre entre exploitation et régénération des ressources naturelles. Cette notion est apparue durant les années 1970 à la suite de la prise de conscience progressive des limites planétaires. Seulement depuis, le jour du dépassement n'a fait qu'avancer de plus en plus tôt :

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Critique de la solution technologique et paradoxe de Jevons

Pour certains, le progrès technologique va améliorer l'efficacité de l'exploitation des ressources, et ainsi permettre à la croissance de continuer.

Ceci est malheureusement contredit par le paradoxe de Jevons (William Stanley Jevons), aussi connu sous le nom d'effet rebond. Ce dernier démontre qu'à mesure que les améliorations technologiques augmentent l'efficacité avec laquelle une ressource est employée, la consommation totale de cette ressource augmente au lieu de diminuer. Ainsi, l'introduction de technologies plus efficaces augmente la consommation totale de ressources, au lieu de la réduire. Ceci est développé dans son livre "Sur la question du charbon", publié en 1865. dans lequel il constata une forte augmentation de la consommation britannique suite à des innovations technologiques comme l'invention de la machine à vapeur :

Par conséquent, tout ce qui conduit à augmenter l'efficacité du charbon et à diminuer le coût de son usage, a directement tendance à augmenter la valeur du moteur à vapeur et à élargir le champ de son utilisation.

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Rapport Meadows

En 1972, quatre chercheurs du MIT ont réalisé des simulations et publié le rapport Meadows. Leur conclusion est que d'ici 2072, les limites de la croissance seront devenues évidentes et conduiront à une chute soudaine et incontrôlable de la population et de la capacité industrielle. En commençant à agir dès 1972, il aurait été possible selon eux de concilier stabilité économique et préservation des ressources. En 2012, Dennis Meadows, l'un des auteurs du rapport, déclare que faute d'avoir agit plus tôt, cette solution n'est plus possible.

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Les énergies renouvelables sont trop coûteuses

Les énergies renouvelables doivent permettre le renouvellement naturel des sources d'énergie pour qu'elles puissent être considérées comme inépuisables à l'échelle du temps humain.

Mais dans un rapport de 2018, la Cour des comptes alerte sur le coût des EnR, estimé à 121 milliards d'euros bien que, toujours selon la Cour des comptes, le résultat soit climatologiquement dérisoire : "Ainsi, compte tenu de son profil énergétique peu carboné, si la France avait voulu faire de sa politique en faveur des EnR un levier de lutte contre le réchauffement climatique, elle aurait dû concentrer prioritairement ses efforts sur le secteur des EnR thermiques qui se substituent principalement à des énergies fossiles émissives de CO2. De ce fait, la place consacrée aux énergies renouvelables électriques dans la stratégie française répond à un autre objectif de politique énergétique, consistant à substituer les énergies renouvelables à l’énergie de source nucléaire.".

Source.