koloky

Pour ce débat, la "cancel culture" sera définie comme le fait de "dénoncer publiquement, en vue de leur ostracisation, les individus ou les groupes responsables d'actions ou de comportements perçus comme problématiques" (Wikipédia).

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Tout ce qui n'est pas interdit est autorisé.

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Seule la loi fixe les limites de la liberté d'expression.

Selon l'article 10 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, "Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi", tandis que l'article 11 ajoute que "La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi".

Dès lors, si aucune décision de justice n'a fait interdiction à un citoyen de s'exprimer publiquement, nul n'est fondé à lui imposer le silence.

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La cancel culture n'est pas le simple refus d'inviter une personne

Bien sûr, la direction de publication d'un média peut refuser quel tel ou telle intervienne dans son média. Peu importe les raisons, que ça soit à cause de la demande du marché ou pour des convictions propres à la direction. Mais la cancel culture consiste à bannir une personne de l'espace médiatique, afin qu'elle ne puisse s'exprimer dans aucun média, ni dans le sien ni dans les autres.

Pour reprendre la définition du débat : "dénoncer publiquement, en vue de leur ostracisation, les individus ou les groupes responsables d'actions ou de comportements perçus comme problématiques" (Wikipédia).

Pour faire une analogie, je peux refuser d'inviter une personne chez moi. Pour autant, elle est toujours libre de se rendre chez qui d'autre souhaite l'inviter.

C'est quand on oblige ou incite autrui à ne plus inviter une personne qu'on dépasse ses propres libertés et qu'on empiètent sur celle de la victime en lui retirant sa liberté d'expression.

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La "cancel culture" n'a pas de pouvoir coercitif propre : ce n'est pas parce qu'un groupe de personnes appellent de leurs vœux que tel ou telle soit réduit(e) au silence qu'il ou elle le sera effectivement.

Pour qu'il en soit ainsi, encore faut-il que le support permettant au locuteur de s'exprimer le décide.

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La liberté éditoriale est un corollaire de la liberté d'expression

La direction de la publication d'un média, quel qu'il soit, exerce également sa liberté d'expression en refusant que tel ou telle continue à intervenir au sein de son média.

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La loi du marché est aussi une liberté publique

La liberté du commerce est aussi une liberté fondamentale, au même titre que la liberté d'expression, présente dans le droit français depuis 1791.

Un média est certes un support de la liberté d'expression, mais également une société commerciale, dont le but premier est, en tant que telle, de satisfaire sa clientèle.

Si une partie de celle-ci critique la qualité du service fourni, à raison des propos tenus par un locuteur, ce dernier peut être privé de son accès au média en cause non pas par la mise en oeuvre d'une "censure", mais uniquement par l'application de la loi du marché : il sera remplacé par un autre, plus en adéquation avec les attentes de la clientèle.

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La dénonciation publique fait partie de la liberté d'expression telle que défendue par la loi

Dénoncer le comportement et les propos d'un locuteur fait parti de la "Libre communication des pensées" telle que défendue par l'article 10 de Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Dénoncer une personne n'est pas l'agresser.